C’est à Angoulême que je l’ai découvert, complètement par hasard. Je discutais avec un copain qui faisait la queue à coté pour une dédicace, et je vois un auteur qui s’ennuie. Blond, de beaux yeux, l’air gentil et souriant,… et tout seul. Pourtant la BD posée devant lui attire le regard : le personnage de little Rice Duck jouant de la trompette en couverture de « Betty Blues » m’a tout de suite séduit. Je feuillette quelques pages de la BD et me convainc très vite qu’il me la faut.

Et pour cause : Betty Blues était le prix du meilleur premier album en 2004, un album très léché de 80 pages, et c’est surtout l’album qui a motivé Pierre Paquet à créer la collection Blandice que je considère personnellement comme un gage de qualité incontestable.
La musique est omniprésente dans Betty Blues, comme d’ailleurs dans « Mélodie au crépuscule » (un hommage détourné à Django Reinhart) et « Sumato », deux des autres albums qu’il a sorti depuis. Les héros de Dillies vivent par et pour la musique, qu’ils le veuillent ou non, et les récits eux même sont rythmés par la musique, qui est prétexte aux personnages à exprimer leur peine ou bien à l’oublier. Car autant vous le dire tout de suite, la bande dessinée de Renaud Dillies est comme la musique qu’il aime : triste, ou plutôt mélancolique. Mais sans pour autant verser dans le sentimentalisme ; ses personnages sonnent toujours très juste.
En fait je pense que le fait que l’auteur soit musicien aide beaucoup à la construction de ses œuvres, car on se laisse vraiment porter par ses bandes dessinées comme par un morceau, c’est un petit moment d’intemporalité pendant lequel on ne réfléchit pas, on laisse simplement glisser les pages.
Quelques images pour vous mettre l’eau à la bouche :

Ah, et un dernier détail qui fera plaisir à Francis : il est belge
