Archive for mai, 2008
On a facilement tendance à faire tout un plat du déterminisme social, comme quoi l’endroit où vous naissez, la condition de vos parents, tout ça allait forcément tracer votre vie entière. C’est complètement ridicule ! Comme si tout ça jouait vraiment. Alors je vous vois venir là dans le fond, vous allez me dire « oui mais regarde, le racisme à l’embauche, regarde la discrimination contre les gens qui viennent des cités, contre les vieux… ». Calembredaines que tout ça : ceux qui viennent des cités on les emmerde pas pour leur couleur de peau sauf si elle est pas nette, et les gens de couleur on les emmerde pas pour leur provenance tant qu’ils ne viennent pas d’un coin pourri. Quant aux vieux on oublie trop souvent de dire qu’avant d’être au chômage ils avaient un taf, tout vieux qu’ils sont.
Non mes amis, la vérité est qu’on peut tous trouver notre voie, et le meilleur exemple nous en vient encore des Etats Unis, qu’on décrit pourtant souvent comme discriminatoires par excellence : il s’agit des super héros. C’est vrai, on en trouve de tous les milieux pour commencer, de Batman qui est un sale gosse de riche pourri gâté qui s’amuse avec sa panoplie de gadgets à des pauvres comme ce Magnéto des X-Men qui non seulement est juif, mais a dû se construire tout seul. Bon, lui c’est un super méchant, mettons euh… non, pas Spiderman, c’est encore un gosse assez riche pour faire des études… Bon, mettons un autre X-Men, on s’en fout au final, ce qui compte c’est qu’il y en ait des pauvres.
Mais pas que des pauvres et des gens des « cités », on trouve aussi des gens de couleur, comme Spawn qui est noir, ou La Chose des 4 fantastiques qui est orange (un cas assez rare pour être noté), ou encore des gens atteints de diverses déficiences physiques comme Daredevil qui est (très) malvoyant (on ne peut pas être aveugle et politiquement correct, on se rabat sur un cas très grave de malvoyance dans ces cas là). En fait, pas mal de super héros le deviennent en raison d’une déficience physique quelconque (muscles tellement surdéveloppés que c’en est moche, regard incendiaire mal maîtrisé, femme à barbe…) qu’ils maquillent tant bien que mal en super pouvoir.
Et puis honnêtement, vous vous imaginez une classe sociale spéciale dont viendraient tous les super héros ? Genre il doit représenter un idéal le super héros, s’il a pas fait quelques études il vaut rien, donc il faudrait forcément qu’il vienne au moins de la classe moyenne. Ca donnerait l’air fin au moment de l’examen de super héros pour obtenir le diplôme d’état de pas avoir suivi les cours officiels : « Je vois que vous passez l’examen en candidat libre mr… Slipman ? Bon, dites moi donc comment doit se dérouler l’interpellation d’un suspect que vous avez maîtrisé.».
Tant qu’à être ridicules, pourquoi pas des lignées de super héros ? Dans la famille Cornichon-Man je voudrais le fils… Pathétique… Le fils serait noyé sous l’aura du père. Cornichon-man junior déjà ça fait moins peur que Cornichon-man (qui soit dit en passant ne faisait déjà pas très peur). Le fils serait donc réduit à noyer son aigreur et sa frustration de ne pas pouvoir marcher dans les traces glorieuses et vinaigrées de son père en bastonnant du petit loubard… On parlait de super héros là, pas de flic minable dans un quartier pourri…
Non, vraiment, foin de ces bêtises, vous voyez bien que ça ne tient pas debout et que la Super Heroes inc. est prête à engager n’importe qui tant que le candidat fait preuve des qualités requises, et ce sans distinction d’âge, de couleur, de sexe ou de condition sociale. Tout un chacun peut se reconnaître en eux. Les super héros sont, à l’instar des footballeurs chez nous, un exemple de ce que l’ascenseur social n’est pas cassé, et de ce qu’on peut toujours réussir quelle que soit notre origine, du moment qu’on travaille pour s’en donner les moyens, et qu’on a des hobbies bizarres et inutiles.
Il y a 5770 ans, Yahvé sort de son école de commerce. Il a bien étudié, et s’est formé de son côté sur son autre passion : l’informatique. Il est jeune, intelligent, ses professeurs et sa famille placent de grands espoirs en lui.
Il décide dès la sortie de l’école de lancer sa propre entreprise : un jeu en ligne géant, le plus grand de tous, un monde en perpétuel mouvement avec des bots intelligents, avec lesquels les joueurs pourraient interagir en temps réel mais à distance : lancer des catastrophes, des épidémies, ou bien choisir le camps des gentils et lancer des campagnes de prévention des maladies, ou même apparaître aux bots et les influencer.
Il a donc contacté une boîte connue de développeurs et acheté un programme de création d’Univers dynamiques. Seulement voilà, son ordi manquait un peu de ressources pour le faire tourner sous son OS du moment : Fenêtres®. Ses finances étaient un peu justes après l’investissement sur le programme pour pouvoir améliorer les performances de sa bécane, il allait lui falloir jouer serré. Il eu alors une idée qui révolutionna la création : il dit « Fiat NUX », et L’anux fut.
Son idée était bien entendu géniale, mais un problème se posa malgré tout : les librairies graphiques existante étaient conçues pour Fenêtres®, et nétaient pas toujours compatibles avec L’anux. Tout était donc à créer : il commença par faire un joli fond noir parce que ça économisait l’énergie, avec juste des points de lumière par endroits pour voir un peu ce qu’il bricolait. Ca demandait pas mal de boulot sur la gestion des ombres, mais avec tout ce que ça faisait gagner ensuite en éclairage, ça valait le coup. Ensuite il fit des planètes, en vitesse. Au début elles n’étaient pas toujours belles, et puis comme il adorait ces oeufs en chocolat avec une surprise à l’intérieur, il décida de construire les planètes avec des couches sucessives, pour laisser des surprises aux joueurs curieux.
Ensuite il créa les animaux. Comme il devait gérer aussi les mouvements ça a donné lieu a quelques ratés, les crabes par exemple n’arrivaient pas à aller droit. Il cacha ses premières créations au fond de l’océan, envoya une météorite pour raser quelques une des plus ratées (les dinausores étaient trop grands et trop bêtes, il n’en voulait plus), mais quelques erreurs subsistèrent, cachées dans des recoins du programme.
Enfin, après tout cet entraînement, il se sentit prêt et il créa l’homme. D’abord c’était la pièce maîtresse de son jeu, celle sur laquelle on pourrait influencer du plus grand nombre de façons possibles.
Alors bien sûr, le jeu ne fut pas immédiatement parfait. Après la bêta test on supprima quelques bugs majeurs comme ce cheat mode qui permettait de faire pleuvoir du soufre, et on n’autorisa plus les apparitions auprès d’humains conscients qu’aux admins, avec des règles strictes d’utilisation. Mais, le succès aidant, le jeu et les humains arrivèrent au stade qu’on connaît et Dieu put finalement mettre au point un projet novateur : la création d’une secte aux membres triés sur le volet dévouée uniquement au développement de son programme et à la correction des bugs. Il l’appela « NUX ».
