Archive for juin, 2008

30th juin
2008
written by Donio

Avant que tu ne persistes dans ta méprise, ami lecteur, je dois t’avertir que tu te trompes. Oui, je sais, un groupe qui s’appelle Powersolo, tu imagines déjà des riffs de guitares aussi longs que l’attente dans le cabinet du dentiste, une double caisse et un chant typé opéra bas de gamme, bref un groupe chiant genre groupe de progressif finlandais.

Et bien tu as tout faux ! Déjà ils ne sont pas finlandais, hein, déjà… Bon, ok, ils sont danois, ça reste dans le nord, mais j’ai un deuxième argument qui passe mieux : ils ne font pas de progressif. Ils définissent eux même leur musique comme du punk, ce qui prouve qu’il ne faut jamais laisser un artiste te parler de ce qu’il fait car il n’y comprend rien lui-même. En fait c’est pas du tout du punk non plus, ceci dit comme je galère pour trouver ce que ça peut être (surtout que ça change d’une chanson à l’autre), je ne vais pas donner de genre.

Donc voilà, histoire de montrer que c’est un groupe vachement hype et tout, je vous propose d’écouter une chanson qui a servi à faire une pub pour le TER qui a bien du tourner une semaine à la télé avant qu’ils réalisent que les paroles le faisaient pas trop quand des enfants qui comprennent l’anglais tombaient dessus.

La chanson s’appelle Juanito.

Pour d’autre vidéos et bien plus encore, leur site est pas trop mal.

22nd juin
2008
written by Donio

Lors d’une discussion récente sur le thème des micro-ondes, j’ai eu l’occasion de faire un bien triste constat : malgré tous les services qu’ils nous rendent, les légumes n’intéressent pas les gens qui ne savent, au final, rien d’eux ou presque. On m’a ainsi demandé à quoi servaient les légumes, ou pourquoi on les payait… C’est avec l’impartialité et la rigueur scientifique que vous me connaissez tous que je vais tenter de répondre ces questions que je ne m’étais jamais posées auparavant.

Commençons par un bref rappel historique : pendant longtemps les légumes ont été les parents pauvres des aliments. Ils accompagnaient les repas des personnes dont les moyens étaient limités, et étaient facilement délaissés en échange de viande par ceux qui pouvaient se le permettre. Les personnes aisées préféraient des nourritures dites plus riches.

Pendant toute cette période, les perspectives d’avenir étaient bien sombres pour les légumes, qui ne trouvaient personne pour mettre en valeur leurs qualités intrinsèques. Comment espérer quoi que ce soit d’une vie où tout le monde ne cherchait qu’à se débarrasser de vous ? Quelle place trouver alors que la dictature de la viande et du gras oppressait tous les autres aliments, que seul le pain arrivait à se faire inviter à table en tant que faire-valoir ?

Et puis petit à petit les choses ont commencé à changer, le développement d’une cuisine plus moderne a offert des opportunités pour les légumes courageux qui osaient quitter leur campagne et aller se faire cuisiner à la ville : la gastronomie a ouvert de nouveaux horizons aux légumes qui voulaient réussir. « Mais lesquels ? » me demanderez-vous.

Et bien les légumes se sont spécialisés dans le mannequinat. Ils sont les vendeurs de rêve, les vitrines ambulantes du génie créatif des grands chefs cuisiniers. Dans tous les grands restaurants sont organisés régulièrement des défilés de petits plats de légumes, dits aussi hors d’œuvres. S’ils sont encore souvent accompagnés d’une viande (ce qui n’est plus systématique), celle-ci ne leur vole plus la vedette ; les rôles sont clairement définis : la viande nourrit, les légumes décorent. Le spectacle, c’est eux !

Ce marché qui paraissait relativement marginal au début s’est beaucoup développé, jusqu’à devenir partie intégrante du patrimoine culturel : des concours internationaux sont même organisés au cours desquels les cuisiniers de différents pays sont appelés à rivaliser d’ingéniosité pour habiller leurs légumes et les montrer sous leur meilleur jour.

Alors bien sûr, tous les légumes ne peuvent pas devenir mannequins, mais ceux qui n’avaient pas les qualités requises (comme les choux de Bruxelles par exemple, à qui on reproche un aspect trop « campagnard » et des rondeurs un peu trop marquées) ont pu profiter du renom apporté par leur camarades pour se montrer dans des défilés plus rustiques, voire parfois dans des foires à l’andouille, même si ce phénomène reste encore rare étant donné les forts préjugés et le viandisme à tout crin dans ce milieu.

Mais autant les légumes vivant à la campagne ont réussi des mariages appréciés avec la cuisine locale, embrassant sans complexe les graisses animales et végétales auxquelles les traditions locales voulaient les associer, autant la vie devient de plus en plus difficile pour les légumes mannequins. En effet, la concurrence entre légumes est de plus en plus rude, et la demande pour une cuisine toujours plus fine en pousse certains à dépasser les limites du raisonnable. Dans leur quête éperdue de minceur, de grandeur et de beauté de peau, les légumes mannequins suivent des régimes de plus en plus stricts, aucune erreur ne leur est accordée. Ce contexte est encore exacerbé par la mondialisation et l’arrivée sur le marché de concurrents asiatiques tels que le tofu ou le ginseng.

C’est ainsi que les légumes mannequins ont commencé à se droguer. Chaque spécificité demandée a sa propre drogue : les engrais servent à la croissance, car les légumes se doivent d’être grands pour défiler. Les pesticides servent à obtenir une belle peau, non rongée comme on le voit trop souvent par les insectes. Un certains nombre d’additifs servent à la rendre plus lustrée. Et enfin la cocaïne leur permet de rester mince, ce qui n’est pas toujours évident à obtenir quand on se gave d’engrais.

Ces cocktails explosifs sont responsables du dépérissement de beaucoup de légumes. Associée au stress qu’ils vivent du fait de la fragilité de leur position et de la possibilité d’être remplacés à tout moment, cette addiction a menée plus d’un légume à sa perte ou au suicide. Et un légume qui perd le goût de vivre n’est plus bon à manger, on le revend donc à Herta pour en faire des saucisses, et le faire passer, ultime outrage après la mort, pour un vulgaire morceau de viande.

Cette tendance n’étant dûe qu’à une mode stupide, il nous appartient de la faire évoluer, en refusant cette mode de la minceur à tous prix et du culte de l’apparence. Acceptons les légumes tels qu’ils sont, encourageons les mariages viande-légumes et graisse-légumes. Et surtout arrêtons de les faire à la vapeur parce que franchement c’est dégueulasse et que c’est quand même bien meilleur en beignet, moi j’en ai marre de toute cette diététique, rendez moi mes graisses bordel ! Car enfin ils étaient plus heureux quand ils étaient esclaves de la viande, revenons à cette époque bénie !

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