Archive for juillet, 2008

21st juillet
2008
written by Donio

En 1990 je faisais face pour la première fois à la mort, je n’oserais pas dire d’un proche, mais d’une figure tutélaire de mon enfance, d’une icône qui m’avait bercé de nombreux soirs et avait accompagné mes après midi oiseux. En 1990, mourrait Roald Dahl.

Je me suis alors pris à regretter de ne pas avoir pensé à lui écrire de son vivant. Je crois que c’est la seule personne dont je me sois jamais dit que j’aurais du lui envoyer une lettre pour lui crier mon admiration. Je ne pensais pas au fait que je n’avais pas son adresse ou qu’il ne lisait pas forcément le français, c’était une sorte de père noël pour moi : tout le monde devait savoir qui il était et où lui envoyer le courrier, il devait avoir une armée d’Oompa-Loompa pour lui traduire les fan-mails en provenance du monde entier.

Mais non, je n’ai jamais pu lui raconter les journées passées en compagnie de Charlie, Danny, Matilda, Georges et tant d’autres à subir la violence du monde des adultes et à trouver toujours des moyens astucieux et magiques de la contourner. Je n’ai pas pu lui dire combien j’étais heureux qu’il prenne enfin les enfants au sérieux et leur offre une véritable littérature et non la bouillie indigeste de bons sentiments de la comtesse de Ségur et des autres auteurs pour la jeunesse qui sévissaient avant Lui.

Car il faut le dire, il ne se moquait pas de nous : les enfants avaient des vraies réactions d’enfants dans lesquelles on pouvait se reconnaître, et un certain héroïsme à leur manière mais jamais romancé à outrance, toujours dicté par les circonstances. Les méchants, quand il y en avait, étaient souvent très bêtes et très méchants, mais on le lui pardonne car ceux qui étaient moins bêtes étaient d’autant plus terribles.

Les décors de ses histoires sont souvent un peu surréalistes ; dans ses mondes les géants n’hésitent pas à venir jusque dans les rues de Londres manger des enfants endormis, des génies du chocolat peuvent se barricader dans leur usine pour produire des bonbons dépassant l’imagination, des girafes ont le cou qui s’allonge à volonté, des pêches géantes se baladent dans la nature, et des grands-mères un peu sorcières s’y étirent inconsidérément.

Du coup les dangers sont nombreux : se faire manger par des géants, attaquer par la fameuse grand-mère, transformer en souris par des sorcières ou attraper par les cheveux et lancer à travers la cour de récréation par une directrice d’école qui fut une ancienne championne olympique du lancer de marteau sont des risques courants. Heureusement que ses héros sont toujours bien épaulés et ne sont pas à cours d’idées pour s’en sortir.

Roald Dahl c’est aussi une certaine irrévérence ; ses héros aiment se baigner dans le cambouis, ou bien n’ont pas honte de « pétiller », ce qui est bien moins vulgaire que si les bulles sortaient de l’autre coté. Il nous apprend notamment que le respect est une chose qui se gagne, et absolument pas un dû comme on tentait de nous le faire croire avant.

Bref, Roald Dahl c’est l’auteur qui le premier m’a fait découvrir l’humour grinçant, qui m’a prouvé que la noirceur pouvait prêter à rire, mais c’est aussi le poète un peu magicien qui était capable d’imaginer des mots comme frambouille et schnockombre, et de charmer toujours le lecteur en l’emmenant là où il n’aurait jamais pensé à aller. Il est toujours trop tard pour que j’écrive cette lettre, mais je compense en lisant d’autant plus ses livres.

A ce propos, quelques choix de lecture cités (peut-être) dans l’article :
- Charlie et la chocolaterie
- Le bon gros géant
- Matilda
- Sacrées sorcières
- Les deux gredins
- Tous ses autres bouquins.

5th juillet
2008
written by Donio

Il est temps d’en finir, ils n’ont que trop souffert par notre faute ! Depuis le temps que l’homme joue aux espèces supérieures, il piétine sans sourciller tout ce qui l’entoure, et méprise complètement les animaux qu’il fait souffrir sans le moindre scrupule, au mépris complet de leurs sentiments et de leur santé, et les exploite dans des buts complètement oiseux.

Qu’on ose me dire par exemple que l’industrie du cosmétique a vraiment besoin de tester ses produits sur des animaux ! Prenons le cas des rats par exemple, imagine-t-on seulement les ravages que ces tests produisent sur eux ? Les femelles sont complètement perdues : on leur fait essayer rouge à lèvres, mascara, fond de teint sans même les consulter sur les couleurs qui leur vont le mieux au teint, celles qui ont la chance de tomber sur les bons produits déclenchant une jalousie d’autant plus terrible chez les autres qu’il n’y a aucun moyen pour elles d’y remédier (7).

Quand aux mâles leurs épreuves sont terribles : ceux à qui on fait essayer les parfums doivent simplement se résoudre à ne plus pouvoir renifler le doux parfum d’un morceau de gruyère posé élégamment sur un piège, ni le piège lui-même d’ailleurs, marquant par là leur arrêt de mort. Mais pensez à ceux sur qui on teste les mousses à raser… Le ridicule encouru par un mâle glabre (6) en présence de femelles est complètement insoutenable ? Cette situation amène une grande frustration sexuelle et est la cause première du suicide chez les populations de jeunes rats…

Mais tout ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg, car figurez vous que des animaux sont exploités juste sous notre nez dans l’indifférence la plus totale ! Saviez vous par exemple que les escalators et tapis roulants sont actionnés par des hamsters ? Les pauvres bêtes, sortes de galériens modernes, sont condamnées à toujours courir sur ce tapis pour le faire avancer, immobilisés dans une course sur place éternelle… Pour éviter toute fuite, des bergers allemands (5) surveillent les abords des tapis et n’hésitent pas à recourir à la plus grande brutalité pour dissuader ceux qui restent de toute tentative de mutinerie.

La liste est encore longue, que dire des écureuils coincés dans les distributeurs automatiques de billets et qui doivent travailler même en hiver, des perroquets qui doivent répéter sempiternellement les mêmes phrases absurdes dans les caisses automatiques, ignorés des clients qui n’en ont cure, des lucioles forcées à prendre des hormones pour briller plus fort, plus longtemps et de façon complètement synchrone dans les feux rouges (4)…

Tenez, ce tableau trop noir me dégoûte, je ne peux pas en supporter plus. Conscient que je suis de votre sensibilité, je sais déjà que vous allez agir pour que cela cesse, aussi au lieu de m’appesantir plus sur le sujet, je voudrais profiter de la tribune qui m’est offerte et de votre attention pour remercier ceux qui finalement traitent le mieux leurs animaux tandis qu’ils encaissent tout le blâme ; j’ai nommé les laboratoires de biologie.

Alors vous me direz « Oui mais ils les tuent ! ». C’est complètement vrai, et un jour cela cessera. Mais pour le moment ils ont au moins ce mérite, avant de tuer leurs pauvres petites victimes à poil, de les initier au moins aux petits plaisirs que les autres animaux forçats ne connaissent pas : ils jouent à des jeux où se mêlent plaisir (3), domination (2), et juste ce qu’il faut de brutalité pour finir d’exciter les braves bêtes avant d’en finir dans la joie. Finalement, quelle plus belle fin que de mourir la queue entre les doigts experts d’une biologiste (1) ?

(1) Qui, rappelons-le, ne porte pas de culotte, l’histoire ne dit rien sur les cuissardes en cuir par contre.
(2) Haha ! Essaye donc de te dégager pendant que je te maintiens sur la table !
(3) Oh, oui ! Caresse-moi le dos madame la biologiste !
(4) Et qui peuvent même pas choper !
(5) Des traîtres à la cause animale.
(6) C’est connu : un rat sans moustache c’est comme un steak sans moutarde.
(7) Rien de pire que le chouchoutisme pour détruire un groupe.

Si je fais pas un troll avec ça, c’est à en désespérer du net :p