Archive for septembre, 2008
Ca fait un bout de temps que les hommes ont des histoires avec les chats. Pour plusieurs raisons : la première c’est que les chats sont super doués pour minauder et qu’ils sont trop choupi-mimi-kawaï-t’as-pas-vu-sa-p’tite-bouille-?, et que ça ça plaît aux filles. Et si ça plaît aux filles on est obligé de les accepter, tout comme les plantes vertes et la double penderie remplie de robes, le placard de chaussures assorties aux robes et l’armoire de sacs à main assortis aux chaussures. Une autre raison, c’est que les chats nous ressemblent quand même sacrément : roublards, vaniteux, m’a-tu-vu, sans-gêne, gourmands, paresseux, ils symbolisent un peu tout ce qu’on aimerait être si on nous en laissait le choix. Et afficher aussi ostensiblement son indifférence envers le monde et son assurance qu’on pourra bouffer et dormir au chaud sans rien faire pour le mériter ça force toujours un peu le respect(1).
Mais bon, le truc c’est qu’avoir un chat chez soi, c’est un peu s’exposer à des emmerdes : il va prendre un malin plaisir à ruiner votre petit chez-vous et à afficher un air innocent quand vous le lui ferez remarquer. C’est pourquoi il faut dès le début montrer la plus grande fermeté. Voici quelques conseils pour débuter :
1. Apprenez lui à ne pas miauler pour un rien.
Si vous écoutiez votre chat, vous ne comprendriez pas forcément ce qu’il veut parce que mine de rien on ne parle pas le même langage. Mais je veux dire si vous obéissiez à tous ses ordres, vous n’en verriez jamais le bout. Parce qu’un chat ça veut toujours plein de trucs : par exemple ça veut qu’on lui ouvre la fenêtre pour qu’il puisse mieux admirer la neige qui tombe. Là, installé dans le petit courant d’air frais, il pourra profiter à loisir de ce merveilleux spectacle pendant qu’il travaillera l’air détaché qu’il lui faudra aborder quand vous comprendrez enfin qu’il n’a nulle intention de sortir. Il ne faut donc pas céder à tous ses caprices. Pour cela instaurez le dialogue : avec le chat de ma mère cela passe par une compréhension mutuelle : il a compris que quand je lui mettais un coup de pied au cul accompagné de mots d’encouragement tels que « bouge de la sac à puces », cela signifiait qu’il devait sortir, ce en quoi il était d’ailleurs bien aidé par mon pied.
2. Apprenez lui à ne pas trop manger.
Parmi les choses que les chats vont le plus réclamer, il y a la nourriture. Si vous écoutiez votre chat(2), il mangerait toute la journée. Or c’est un peu ruineux d’avoir un chat qui mange tout le temps, parce qu’après en plus il faut lui payer le véto pour le suivi de son poids et des cours de fitness. Encore une fois la solution passe par le dialogue. Pour le chat de Gima, je crois qu’il a été convaincu par l’argumentaire que je lui ai fait sur les pauvres petits chatons d’Afrique qui n’ont rien à manger(3).
3. Apprenez lui à faire ses besoins là où il faut.
Un chat bien éduqué peut apprendre à faire ses besoins dans les toilettes, sans doute mieux que moi même (mais ça c’est le même problème que quand on prend un gourdin pour assommer une mouche, tout est question de proportions(4)). Ceci dit, le problème avec cette technique, c’est que ça peut vite vous couter cher, les chats ayant ce don pour détourner les outils que nous mettons à leur disposition(5). On peut également se résoudre à leur acheter une litière, mais outre les odeurs et la litière qui traine partout dans l’appartement, ça demande un entretien régulier et donc du boulot, alors que ce feignant de chat va vous regarder d’un air goguenard et se précipiter sur sa caisse à peine changée pour être sûr que vous ne profitiez pas de la pause olfactive. C’est pourquoi il faut se résoudre… J’attends… Oui, au dialogue(6) ! Arrangez vous avec votre chat pour qu’il fasse ses besoins dehors, un bon coup de pied au cul devrait vaincre ses éventuelle réticences à sortir et l’encourager à prendre de bonnes habitudes. En plus, combiné avec un appartement au 4e étage c’est un moyen discret mais sûr de réduire le taux de présence du chat chez vous sans que votre copine vous considère comme coupable (faites attention à ne pas vous faire voir quand même).
4. Apprenez lui à réfréner ses pulsions sexuelles.
Les chats, c’est un peu tous des grosses chaudasses. J’veux dire, vous avez déjà entendu une chatte au moment de ses chaleurs ? Et que ça couine à n’en plus finir, et que ça prend des poses lascives… Mais en plus d’être carrément obscènes, ces sales bêtes ont quand même une sexualité complètement dévoyée ! Elle viennent voir si elles arriveront à nous tenter, nous agitent leurs croupions sous le nez en se frottant lascivement sur la moquette… J’veux dire, est-ce qu’on couche avec des animaux nous ? (7) Alors pourquoi ils veulent se faire des humains eux ?
En plus avec leur petit côté dominateur/sadique on est sûr qu’on va se faire mordre ou griffer au passage (enfin j’ai pas essayé hein, j’extrapole).
Et pire que tout : les chats sont de gros scatophiles ! Vous n’avez jamais remarqué ? Il suffit d’être aux toilettes pour que minou débarque et se frotte langoureusement contre vos jambes en ronronnant frénétiquement. Rien que l’odeur de la merde semble les mettre en transe. Et dire qu’ils ont plus d’odorat que nous… Je ne veux pas y penser.
Alors pour ça, il faut très vite avoir une position très claire, et surtout il faut DIA-LO-GUER. Un bon moyen de dialoguer avec une chatte en chaleur serait par exemple cette méthode ancestrale utilisée depuis toujours quand des attaques hormonales vous menacent : la douche froide. C’est un argument auquel se rendent la plupart des chats, si le votre ne le comprend pas je vous souhaite d’habiter au 4e étage pour que la solution suggérée dans l’idée n°3 puisse vous secourir.
4,2. Planquez vos instruments de musique.
Ce conseil ne s’applique qu’à une minorité de gens, puisque monsieur tout-le-monde n’a pas d’instrument chez lui, et en général son voisin non plus. Mais pour ceux qui en ont, planquez les quand votre chat est dans le coin, sinon vous riquez de ne plus pouvoir dormir devant la soif d’apprendre de votre mignon petit compagnon. Jugez plutôt sur cette vidéo.
(1) Même pour Bernard Tapie ça marche, et pourtant il est pas choupi lui.
(2) Bon, on va pas la refaire hein ?
(3) Ainsi que par ma menace de l’abandonner à Djibouti. Il n’aime pas les pays trop chauds.
(4) ♫♪…(`. ` )
(5) Je sais que vous l’avez déjà vu 200 fois, mais caser cette vidéo me permet de gagner facile une ligne de propa et de faire croire que j’ai bossé dessus.
(6) Bravo à notre petit lecteur de Carpentras pour sa bonne réponse.
(7) Enfin en dehors d’un ou deux par ci par là, mais vite fait quoi ? Pas des animaux qu’on connait en tous cas, sinon ça pourrait briser notre relation d’amitié.
L’autre jour j’ai participé à un petit concours sur un site communautaire : il s’agissait d’écrire une deuxième suite aux aventures de Gérard Lambert, le héros maudit de Renaud. Les conditions étaient les suivantes (je recopie le texte du concours) :
-la rime
-une ambiance sordide
-les aventures de Lambert ont débutées en 1977, vous pouvez lui faire vivre ses aventures en 2008 ou à n’importe quelle date de votre choix
-faites lui rencontrer un personnage rappelant un conte de votre tendre enfance, tel le petit prince de mes deux, ou le petit chaperon rouge.
-vous êtes invités à ajouter une morale à votre chanson.
Voici ma bafouille, avec l’aide de Benoît qui m’a suggéré la « turne » pour que le rythme ne soit pas bousillé.
Il fait un peu brumeux dans les rues de Rungis,
Gérard Lambert s’sent mieux, avec son nouveau 8 6
Lui reste plus qu’à braquer la caisse d’un abruti,
Et il pourra partir faire le con à Paris.
Tiens voilà un allemand qui s’ramène en mercos,
Est-ce qu’il y pète les dents ? Ou lui met une bastos ?
Finalement il décide de le garder comme taxi,
Pour mieux jouer aux caïds comme dans les affranchis.
Manque de bol l’étranger n’connait pas la région,
Et il est trop flippé pour ne pas jouer au con.
Quand un gamin traverse pile en dehors des clous
Il emboutit la caisse et prend ses jambes à son cou
Laissant dans la voiture le Gérard étalé
Heureusement sans cassures, mais un p’tit peu sonné.
L’gamin vient l’réveiller, en y foutant des coups d’bottes
Et il s’met à piailler « vas y lèves toi mon pote »
« Mes frangins sont coincés dans la turn’ d’un géant,
Faut qu’tu m’aides à l’buter avant qu’il s’les mette sous la dent.
Toi t’as une tête de fou, tu éclatera c’gros con.
J’ai semé des cailloux pour r’trouver sa maison. »
Le Lambert est sympa, mais il faut pas pousser,
Il aime pas les p’tits gars qui voudraient en profiter
Il enferma l’gamin dans l’coffre de la bagnole.
Et reprit son chemin pour s’trouver un peu d’gnôle.
Faut pas frapper Gérard Lambert quand il n’est pas attaché,
C’est la morale de cette histoire, j’espère qu’vous la r’tiendrez.
