Archive for octobre, 2008
Les choses auraient elles pu se passer autrement ? L’histoire aurait-elle pu, à l’un ou l’autre de ses carrefours, prendre une direction différente ? Ou est-elle déterminée par des facteurs qui dépassent la volonté de l’homme d’exercer librement sa volonté, de faire des choix véritables ? Ce qui signifierait que, depuis le début de la vie sur terre, Napoléon était destiné à être vaincu à Waterloo, l’Angleterre à Saratoga et les mencheviks par les bolcheviks en 1917 ?
Excusez moi de citer ainsi Roy Lewis sans même tenter de le paraphraser, mais il a décrit bien mieux que je ne saurais le faire une des angoisses premières de l’humanité, un lieu commun si profondément ancré dans nos subconscients que tout le monde tente, à un moment ou à un autre, de refaire le monde. Ainsi, si les poivrots du bar PMU « au rendez vous des amis » s’interrogent sur ce que le monde aurait été si on avait voté Ségo et pas Sarko, d’autres s’interrogent sur ce qu’aurait été un monde où Kennedy, Gandhi ou encore Yitzak Rabin auraient survécu. Des figures littéraires connues se penchent sur le sujet : pour Tolstoï, l’histoire est une intégrale de petits évènements, JJG se demande ce qu’il aurait été s’il était né allemand en 17, ce salopard d’oneiros(*) se demande si Joe Dassin aurait pu faire carrière en Argentine et c’est moi qui me coltine ce sujet à la con.
Alors bon, je veux bien que ce soit une figure de proue de la chanson française, une idole inter-générationnelle, au point qu’il est devenu impossible de mettre les pieds dans une fête d’école primaire sans entendre une de ses chansons, mais son absence aurait-elle changé la face de l’histoire comme l’aurait fait le nez de Cléopâtre s’il avait été plus court ? Il est dur de répondre à cette question, étudions d’abord sa carrière pour nous en faire une idée.
Certaines mauvaises langues prétendent que son succès serait entièrement dû à son physique de jeune premier, à ce petit air de minet qui faisait craquer les filles, à ces regards coquins qu’il savait leur lancer. Je ne nierai pas que ça a dû jouer en sa faveur, et qu’il a parfaitement su en profiter, mais ne voir que ça serait complètement réducteur, il a en fait parfaitement su mener sa barque et joué en premier de la communication. En effet, l’un de ses premiers succès fût le petit pain au chocolat, que tout le monde voit comme une chanson naïve sur l’amour. C’est faux ! Cette chanson, qu’il a composée spécialement pour l’amicale des femmes de boulanger frustrée, comité de l’ombre très influent à cette époque en France, a été diffusée largement grâce à leur aide, et a ainsi pu bénéficier d’une couverture médiatique énorme qui a beaucoup contribué de son succès. Comme il avait de plus eu l’intelligence de révéler discrètement la teneur de cette chanson à Alain Afflelou quelques mois avant sa sortie, celui ci a eu tout le temps de mettre en place sa formule « Pain-pain », pendant boulanger de la fameuse « Tchin-tchin », qui offrait 6 autres paires de lunettes à 42F l’une pour l’achat d’une première paire à toute femme de boulanger, leur permettant ainsi de nourrir leurs fantasmes. Joe fût bien entendu intéressé aux bénéfices et fût doublement gagnant.
Autre chose : il n’en est pas entièrement responsable, et nul ne songe à l’en blâmer, mais il faut reconnaître qu’une bonne part de son succès vient de chansons américaines qu’il a traduites et de sa jeunesse aux États-Unis. Il a ainsi pu chanter l’Amérique, New-York ou des héros américains tout en restant crédible. Ça semble complètement ridicule maintenant, mais il faut songer qu’à l’époque les États-Unis sont encore un modèle à suivre en tout, et qu’on n’avait pas encore cette envie de se démarquer d’eux artistiquement et surtout musicalement parlant. Le pauvre Joe, pourtant fan de Brassens, a bien dû s’adapter, et faire comme ces glorieux aînés qu’étaient Johnny Halliday ou Claude François. Les grands succès de Joe sont donc soit des chansons traduites de l’américain, soit des chansons sur l’Amérique, soit quelques chansons plus ou moins locales, dont cet obscur hommage à une petite avenue parisienne qui a été popularisé plus tard par NOFX.
Maintenant, imaginons qu’au lieu d’être né américain en 1938, Joe soit né allemand en 1938 (parallèle osé je l’avoue, mais après tout s’inspirer des plus grands, comme de JJG par exemple, est une bonne façon de commencer). Lors de la fin de la guerre, ses parents, comme beaucoup de gens influents de l’Allemagne de l’époque, auraient sans doute choisi l’Argentine comme terre d’accueil, celle ci faisant preuve de plus de clémence envers eux que les tristes voisins que nous faisions. Joe aurait alors grandi dans un environnement hispanophone, et bénéficié d’éléments de culture allemande. En dehors de tout le reste, comment voulez vous, bordel, que ça puisse ressembler un seul instant à ce qu’il a fait chez nous ?!?
Mais puisqu’il faut le faire, démontons tout ce ridicule. Déjà la base de sa fortune : les petits pains au chocolat. Quand on voit que nos voisins européens sont déjà assez loin de comprendre ce que peut être un pain au chocolat, imaginer que qui que ce soit en connaisse l’existence en Argentine serait plus que risible. Exit donc la base même de sa fortune ! Mais même… Après les opérations condor, chanter l’Amérique aurait été du plus mauvais goût, quand aux chansons sur des avenues et parcs parisiens… La seule de ses chansons qui aurait pu rencontrer le succès là bas est celle qui dénonçait bravement les errances militaristes qu’on rencontrait là bas, mais y aurait-il seulement survécu ?
Non, non, décidément, s’il est vrai que Dassin rime avec argentin, je crois que dans son cas succès rimait vraiment avec français.
(*) Pour ce jeu stupide mais drôle, prenez un certain nombre de participants (une dizaine c’est pas mal par exemple), chaque participants propose autant de sujets absurdes qu’il veut, et s’engage en échange à traiter au moins l’un des sujets qui lui échouera. Un Maître du Jeu répartit les sujets entre les participants, et pouf… Vous pouvez vous retrouver à écrire sur Joe Dassin. Le type qui a trouvé ce sujet a pris oneiros comme pseudo, vous l’aurez compris.
Article publié dans le cadre de la « semaine du développement durable ».
Dans les grandes problématiques à problèmes actuelles et d’aujourd’hui, je crois qu’on peut quand même un peu dire que la faim dans le monde et bien c’est vachement pas bien et qu’en plus c’est très embêtant pour les gens qui ont faim parce qu’après ils meurent mais on peut même pas les manger. Donc quand même la faim dans le monde, si ça ne peut pas être résolu par une chanson de Florent Pagny, et bien il faut tout de suite l’empêcher de faire du mal aux gens.
Alors d’abord les gens avaient pensé aux OGM, mais comme ça ne marche pas et qu’en plus, mine de rien, manger des légumes c’est un peu un truc de filles et de tapettes (j’ai rien contre les tapettes hein, mais c’est pas des gens comme nous quoi, ils mangent pas de gras et ils s’épilent), donc c’est quand même un peu pourri comme solution. En plus si on veut qu’ils travaillent bien les gens, il faut qu’ils soient costauds, et tout le monde le sait : « la viande c’est la force ». Donc par exemple on va faire manger de la viande aux africains qui ont faim.
Alors je vous entends protester d’ici « oh mais où s’k’ils vont élever des animaux dans leur désert, hein ? ». Alors là, ami lecteur, permet moi de rire de ta naïveté : tous les africains ne vivent pas dans un désert, beaucoup vivent dans des oasis aussi. Du coup ils peuvent élever des chèvres, déjà, mais les chèvres ça prend longtemps à élever, et puis on leur pique leurs peaux pour faire des djembés, alors le mieux ça reste un animal qui grandit vite pour qu’on puisse en manger beaucoup et qui laisse un peu de peau derrière pour qu’ils puissent s’habiller pas cher. Le candidat idéal est le lapin.
Vous allez encore protester, je le sens : « non mais le lapin ça vit pas dans le désert, à Paris déjà ils deviennent roses et c’est ridicule, alors dans un désert… ». Je m’insurge, le lapin peut vivre en Afrique, et il y a plein de raison pour l’y inciter : le lapin est un animal qu’il est tout petit, donc c’est facile d’en caser sous le plancher et de faire semblant qu’on n’en a pas quand on reçoit les voisins pour un apéro frugal, ça peut se manger après à peine 4 mois, ça fait donc des repas réguliers, ça mange des cochonneries qu’on ne mangerait que si on crevait de faim (genre l’herbe au bord des routes), donc ça ne fait pas trop concurrence à l’homme sur les régimes alimentaires, et ça baise comme un… enfin beaucoup en tous cas, donc ça a plein de petits, et on peut même utiliser leurs crottes comme engrais. Bref, c’est la panacée qui va guérir l’Afrique.
C’est en tous cas ce qu’a du se dire le Centre Cunicole de Recherche et d’Information (CECURI) du Bénin, qui s’est donné, depuis sa création en 1987, comme objectif principal la promotion de l’élevage du lapin. Cet institut très sérieux étudie donc comment on peut adapter les méthodes d’élevage du lapin aux conditions pratiques en Afrique de l’Ouest, notamment pour les questions de fourrage (des olives et des champignons de Paris ne sont pas des solutions acceptables, on parle bien ici de nourrir les lapins), les matériaux pour construire les cages et clapiers, les maladies…
Toutes ces informations, mais aussi beaucoup d’autres sur la façon de monter facilement un élevage sont donc compilées sur un site internet qui a bénéficié d’une édition papier pour pouvoir être mis à disposition des locaux qui voudraient se lancer dans un élevage. Ce livre, Le guide pratique de l’éleveur de lapins en Afrique de l’Ouest, est donc un outil pratique pour permettre de lancer une économie locale facile à implanter, nourricière, et peu demandeuse en temps, particulièrement adaptée aux femmes au foyer et aux infirmes. C’est ainsi que le CECURI participe au développement du râble en Afrique et particulièrement au Bénin et nous offre des solutions pérennes. Si vous allez en Afrique, imprimez ce livre s’il vous plaît.
