Il faut dire ce qui est : à moins d’une volonté de fer et d’une rigueur à toute épreuve, quand on vit à Paris (je suppose que c’est pareil dans les autres grandes villes, mais je n’ai pas pu vérifier) on trouve rarement le temps et le courage d’aller acheter des légumes au marché bio. J’ai bien des primeurs dans la rue, mais ils ne sont pas très bons, mon quartier ne doit pas s’y prêter, quand aux légumes du supermarché… Il nous est donc assez difficile de nous approvisionner en fruits et légumes frais ayant un minimum de goût.
Du coup ma copine a fini par sauter le pas ; depuis le temps qu’on en entendait parler et qu’on hésitait, elle nous a abonnés aux paniers paysans.
Ca fait tellement longtemps que j’en entendais parler que j’étais persuadé que tout le monde connaissait, mais comme les première réactions autour de moi n’allaient pas dans ce sens, je vais me permettre ici de rappeler un peu de quoi il s’agit. Les gens s’inscrivent à un point de dépôt proche de chez eux ou de leur lieu de travail, ou absolument où ils veulent en fait, tant que c’est un point de dépôt. Ils s’abonnent à la formule qui leur convient selon ce qu’ils veulent : légumes, fruits, les deux, nombre de personnes à nourrir… et peuvent venir toutes les semaines (ou deux fois par semaine selon les formules et le type de panier) venir chercher un panier rempli de légumes et/ou fruits de saison, plus ou moins bio, et surtout produits par des agriculteurs de la région.
Dans notre premier panier, par exemple, on a eu un choux rouge, quelques patates, des carottes qui sentaient comme je n’avais plus senti une carotte sentir depuis longtemps, des pommes ma foi fort bonnes, une salade qui m’a surprise à avoir du goût (depuis quand les salades en ont-elles ?) et un poireau que je n’ai pas encore eu le temps de manger. Et une recette de choux rouge aux pommes d’autant plus bienvenue que je me voyais parti pour manger de la salade de choux rouge à tous les repas.
Les avantages sont multiples pour les deux parties :
Le consommateur peut :
- payer moins cher puisqu’il y a moins d’intermédiaires
- aller chercher rapidement et facilement des légumes goûtus près de chez lui
- découvrir les légumes de saison (j’en arrive parfois à croire que les tomates sont des légumes d’hiver à force d’en trouver toute l’année)
- profiter des recettes fournies avec le panier pour accommoder les légumes présents dedans
Le producteur peut :
- être assuré d’écouler une bonne partie de sa production, et ce à l’avance.
- vendre un peu plus cher puisqu’il y a moins d’intermédiaires
A côté de ça, on promeut quand même une agriculture raisonnée et un retour à une alimentation de saison qui réduit les transports et la pollution engendrée. (Bon, tout le monde n’est pas écolo, mais en économisant l’essence on fait moins grimper son prix, donc on continue d’y voir un bénéfice.) Ca permet aussi de varier un peu les repas et de se forcer à chercher des recettes avec les légumes qu’on nous donne, ce que la paresse empêche généralement de faire quand on traîne sa lassitude de fin de journée dans les rayons d’un supermarché ou dans la boutique mal éclairée d’un primeur aux produits fanés.
Par contre, il y a un argument qu’ils utilisent dans leur promo et auquel je crois assez peu : ils espèrent ainsi rapprocher le consommateur du producteur et encourager les échanges entre les deux. Ils ont bien remarqué, effectivement, que ce dialogue n’existait pas, mais franchement… Vous croyez qu’ils vont réussir à faire parler des parisiens avec des paysans ? Enfin bon, il faut des gens qui rêvent pour faire avancer le monde…