Archive for mars, 2009
Quand on parle de culture, les gens pensent souvent d’abord aux livres qui véhiculent cette image un peu lourde et poussiéreuse de la bibliothèque emplie de savoir. Puis on pense ensuite au théâtre, à l’opéra, à la poésie, la musique, on envisage la télé et le cinéma, quelques esprits enfantins vont même vouloir y glisser la BD… Mais je vous le demande : qui parmi vous aurait cité les cartes postales ?
Et pourtant il est une maison d’édition suisse qui a su donner ses lettres de noblesse à ce rejeton de la photo, qui a su tirer la substantifique moelle de cet art délicat de montage d’une image et d’un commentaire dans un cadre qu’on ne pourra pas dépasser. Il s’agit de Plonk & Replonk, un collectif de créateurs créé en 1997 à La Chaux-de-Fonds, et constitué de trois compères : Jacques et Hubert Froidevaux et Miguel-Angel Morales.
Leurs productions sont souvent trompeuses vues de loin : elles ressemblent à ces cartes postales de collection, en noir et blanc, montrant des scènes de la vie quotidienne ou des paysages typique de la région, accompagnés d’un petit commentaire et éventuellement du nom de la collection. On se rend bien vite compte de son erreur quand on s’attarde dessus : des lapins géants envahissent les paysages, des situations loufoques apparaissent, des métiers s’inventent et les jeux de mot fusent.
Ces traficoteurs d’images s’amusent, et savent à merveille insérer innocemment au milieu de belles photos sépia des éléments perturbateurs et créer cette illusion de naïveté des anciennes cartes tout en leur donnant un ton résolument moderne.

Au fil du temps, pour changer, ils ont quand même opté aussi pour des cartes postales couleur, diversifiant le champ de leurs falsifications, mais toujours avec autant de bonheur.


Alors bien sûr, en tant que suisses ils sont assez centrés sur leur pays, mais c’est assez naturel et on ne leur reprochera pas de vouloir mettre un peu plus de poésie dans leur quotidien. On refusera aussi de s’inquiéter qu’ils déclarent « Ce qui est frappant dans cette histoire, c’est qu’en accumulant les fausses images, on finit par y croire. Un monde virtuel se forme. Un monde où l’on transporte des rhinocéros en bateau sur le lac, où un extra-terrestre se saoule à l’absinthe dans les rues d’un village du Jura. Tout cela devient presque normal. »
Ah bon, ça ne l’est pas ?
Il est amusant de constater comme, certaines années, la mode peut être complètement à l’opposé des réalités du monde. Alors quand je dis la mode, je parle surtout de la mode féminine, car la mode masculine subit quand même des variations beaucoup moins sensibles et rapides (ou alors je regarde trop peu les mecs dans le métro, mais c’est un autre débat). Et cette mode, disais-je donc avant de m’interrompre, est quand même plutôt partie dans la voie du malpratique ces derniers temps.
Par exemple, je ne sais pas si vous l’aviez remarqué, mais cette année la mode était au manteau/gilet/objet indéfinissable (rayez toutes les mentions) sans manches et si possible en peau de lapin. On note déjà l’absurdité de se balader avec un manteau sans manches en hiver, et c’est d’un ridicule d’autant plus consommé ces manteaux sont rehaussés assez souvent d’une capuche. Il est bien évident qu’on a plus froid à la tête qu’aux bras quand la tête est vide, mais ce refus de se couvrir en hiver a dû réjouir encore plus de médecins que de stylistes, même si j’imagine que ces derniers ont dû rire comme des baleines à voir tant de gens se frotter les bras dans leur effort constant pour être à la pointe de la mode. Rajoutons à ça que les poils de lapin étaient portés à l’extérieur, alors que c’est bien évidemment dans l’autre sens qu’ils auraient tenu chaud, et on obtient la confirmation qu’il s’agit d’un coup monté des stylistes cités plus haut pour ridiculiser les parisiennes aux yeux du monde entier.
Cependant les parisiennes n’ont pas besoin des stylistes pour se ridiculiser, du moins pas celles qui entrent dans la catégorie dite des greluches. J’avais déjà remarqué souvent comme les filles aiment se compliquer la vie avec les sacs : partant du principe que remplir ses poches est inélégant, elles mettent toutes leurs (nombreuses) affaires dans des sacs. Jusque là, je peux le comprendre… Quand elles refusent les sacs à dos, pourtant beaucoup plus pratiques que leurs sacs, je commence déjà à me dire que le monde marche sur la tête. Surtout que l’effet recherché est quand même souvent foiré : honnêtement, quel garçon ici remarque un sac de fille autrement que quand il est super moche ? Que quand il est immense, doré, argenté ou recouvert de ces immondes motifs à fleurs qui donnent l’impression que leur sac a été tapissé du même papier peint que chez papi/mamie…
Et bien à cette illusion largement répandue qu’elles entretiennent qu’il leur faut un (1) joli sac pour se faire remarquer par les garçons (2), elles ont décidé de rajouter un peu de ridicule. D’abord elles ont pris l’habitude d’emmener leur maison sur leur dos, à l’instar d’un escargot, ou peut être plutôt d’une tortue (3), pour cela elles prennent des sacs d’une contenance de 30L qu’elles tentent tant bien que mal de faire passer pour des sacs « à main ». Ceci dit, comme dans ces immenses sacs il leur est impossible de retrouver leur porte monnaie, leurs clés ou leur carte de transport, elles doivent en plus avoir un petit sac à main, ce qui fait qu’elles se déplacent avec deux sacs à main, et parfois un troisième pour transporter l’ordinateur portable… Pour peu qu’elles décident de rajouter un caniche nain, il leur faudra un quatrième sac pour le ranger…
Ensuite, pour achever le ridicule, ces mêmes filles ont décidé, dernier outrage au bon sens, que la seule façon élégante de porter un sac était de le faire reposer sur la saignée de leur coude et de replier leur bras de façon à montrer à tous leurs ongles fraichement vernis. Alors que de mettre son sac sur l’épaule permet de porter de lourdes charges, alors qu’elles ont des mains pourvues d’un pouce préhenseur (4) qui leur permet de manier facilement les objets y passent, elles choisissent une articulation complètement inadaptée à cet usage pour porter des sacs trop remplis, raidissant pathétiquement leurs bras pour tenir bon, souffrant d’autant plus qu’elles ont sacrifié leurs manches aux exigences de la mode et subissent d’autant plus la morsure de la lanière du sac, tanguant tant bien que mal sur leurs talons pour équilibrer les charges qui les déstabilisent…
Décidément, je ne comprendrai jamais la mode…
(1) haha ! un…
(2) alors que ça sert juste à une compétition entre filles à peu près aussi intelligente qu’un tournoi de foot.
(3) Elles bavent moins que des escargots, mais elles sont moins ridées que des tortues, franchement je ne sais plus lequel convient le mieux. Par contre elles sont toujours aussi lentes à cause de leurs talons aiguilles…
(4) Oui, ce reportage m’a marqué :p
Edit : et pour la paix de mon ménage, un lien vers l’article de mllegima sur le même sujet.


