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17th janvier
2010
written by Donio

Ça s’est un peu calmé depuis que le sommet de Copenhague est passé, mais quand même, qu’est-ce qu’on peut nous rabâcher comme propagande sur le réchauffement climatique… Et que les Pays-Bas seront engloutis sous les eaux, et que la France sera un désert, et que les pôles vont fondre, et que la canicule frappera tous les étés pour compenser les blizzards en hiver… Alors que franchement on s’en branle de tout ça : que les manchots n’aient plus d’habitat n’empêchera personne de dormir, au pire on leur construira des niches au fond de nos jardins, et pendant ce temps là on ne se ruinera plus en couettes, tout au pire en moustiquaires. A l’inverse, la tendance actuelle permet d’espérer tourner bientôt un remake de Bay Watch à Calais et de transformer Lille en Houston européen. Non, non, je vous le dis : le réchauffement climatique a aussi du bon…

Tenez, un exemple simple : vous connaissez tous cette déclaration de Malraux qui, dans un délire opiacé, avait déclaré un jour « le 21e siècle sera spirituel ». Quand on est capable d’écrire des pavés indigestes avec des noms pompeux comme ‘la Condition Humaine’, on est prêt à dire n’importe quelle connerie, mais là il faut avouer qu’il a su jouer sur les instincts primaires et qu’il a redonné espoir à pas mal de ces gens à l’esprit très étroit. Et que constate-t-on ? Que le monde porte en effet une calotte ! Qu’une chape glacée couronne la tête du monde et emprisonne les consciences ! Et bien foutrebleu, c’est le moment de se débarrasser une bonne fois pour toutes de tous ces fichus calotins, et de faire disparaître le couvre-chef, symbole immonde de cette corruption des esprits. Je vous le dit, la fonte de la calotte glaciaire est un augure des plus heureux !

Mais je vous sens réticents à cet argument, on ne trouve plus assez d’anticléricaux de nos jours pour que ça porte… Voyons les choses autrement : on nous parle toujours de la montée des eaux et de l’immersion probable de la Hollande. Sans vouloir apporter de l’eau à leur moulin, c’est en effet un problème grave. Mais d’un autre côté, l’implantation déjà forte des éoliennes sur place permettrait d’obtenir un important parc d’éoliennes maritimes dont tous les écologistes s’accordent à dire qu’elles sont beaucoup plus efficaces car les vents soufflent plus fort en mer. Nous assistons donc à un phénomène très intéressant d’autorégulation, puisque la pollution permettra une augmentation naturelle de la production d’énergie verte, ce qui stabiliserait la montée des eaux sans qu’on ait besoin de s’en soucier. La perte de quelques terres arables est donc un épiphénomène, ce que les militaires appellent sobrement des « dégâts collatéraux ». Après tout, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs…

Attaquons nous enfin à l’argument choc des bien-pensants qui luttent contre notre droit à un peu de chaleur : la disparition des ours blancs. D’un côté on nous dit que leur habitat est déjà condamné, d’un autre côté qu’il faut toujours les sauver. Alors on fait quoi ? On les accueille en ville ? Sympas comme voisins… Imaginez seulement…
- Euh… Bonjour voisin.
- Grouar.
- Oui, je euh… Joli temps hein ?
- Grrrrrrrrrr !
- Ah ! Oui ! Bien sûr ! Cette chaleur n’est pas très bonne pour vous, haha ! Hrrm…
- Grrrrrrr…
- Oui, euh… En fait je venais vous voir parce que ma femme… Enfin, vous connaissez les femmes hein ? Ca trouve toujours un truc à redire. Et bien là, sauf votre respect, elle aimerait que vous… euh… que vous essuyiez mieux vos pattes sur le paillasson en bas de l’immeuble, parce que quand elle cire le parquet de l’escalier… Et que vous vous coupiez les griffes aussi parce que ça fait des rayu…
- GRRRRRRR !
- Ah non ! En effet, vues de plus près elles m’ont l’air d’être euh… d’une taille parfaite ! Parfaite… Bon… Je vais devoir vous laisser je crois… Je… Au revoir voisin, au… au plaisir.

Bon, soyons raisonnables, tout ceci ne tient pas debout. Par ailleurs imaginez plutôt comme il serait drôle que la France se transforme en désert tandis que le Sahara fleurirait. Enfin je pourrais à titre personnel réaliser quelques vieux fantasmes : élever des gnous dans mon jardin, produire de la boukha en banlieue parisienne, m’amuser des contorsions pittoresques de pangolins dans less parcs naturels… Non, vraiment, croyez-moi : le réchauffement climatique apportera trop de joyeux bordel pour qu’on s’embête à le proscrire.