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	<title>Le blôg de Donio</title>
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		<title>Achab, mon héros</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Jul 2010 08:06:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Donio</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ma vie vous intéresse]]></category>
		<category><![CDATA[R42]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand j’avais dans les 8 ans, on m’avait emmené au cinéma voir Moby  Dick. J’avais beaucoup aimé cette histoire, la poursuite vaine et  destructrice de cette baleine blanche, la passion du capitaine Achab à  finir ce qu&#8217;il avait commencé… Mais les enseignements de cette histoire  m’étaient un peu passé au dessus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand j’avais dans les 8 ans, on m’avait emmené au cinéma voir Moby  Dick. J’avais beaucoup aimé cette histoire, la poursuite vaine et  destructrice de cette baleine blanche, la passion du capitaine Achab à  finir ce qu&#8217;il avait commencé… Mais les enseignements de cette histoire  m’étaient un peu passé au dessus ; j’étais trop jeune pour pouvoir  comprendre toute la portée de ce film, et au-delà du livre.</p>
<p>Plus tard, comme tout le monde à cette époque, j’ai regardé les films du  commandant Cousteau. On m’y a présenté les baleines sous un jour plus  avenant : elles y paraissaient gentilles, joueuses, et surtout placides.  Les gens s’amusaient avec, elles soulevaient leur queue hors de l’eau  pour épater les caméramans… Des queues qui auraient pu abattre le navire  comme une vulgaire coquille de noix, mais qui ne le faisaient pas… Pas  encore du moins…</p>
<p>Malgré les vives protestations d’Achab qui me rappelait qu’on ne peut  pas faire confiance à une baleine, malgré Jonas qui me criait de me  méfier d’un animal qui peut vous gober comme vous gobez une olive  (c&#8217;est-à-dire en vous étouffant ; il vaut mieux croquer l’olive pour  enlever le noyau,) je croyais à cette propagande écolo bien pensante.  J’aurais mieux fait de les écouter plutôt que de me laisser embobiner  par les mensonges de ce type au bonnet rouge…</p>
<p>Parce qu’en sus de l’histoire qui ne plaidait pas leur cause, les  baleines ont quand même tout des gangs de délinquants qui agressent pour  le simple plaisir d’être désagréables. On peut faire amende honorable  et se ranger, laisser l’histoire derrière soi… Mais garder son nom de  bande, c’est qu’on est toujours actif dans la délinquance.</p>
<p>Tenez, la baleine « à bosses », d’où croyez-vous qu’elle tienne son nom ?  Hein ? Elle et sa copine la baleine « bleue » sont les deux cogneuses  du groupe. Bleus et bosses, comme c’est mignon… Tout un programme quand  on les croise… Et on s’étonne après que les autres les évitent.</p>
<p>Mais encore, ces deux là sont des rigolotes quand on les compare à  l’orque aussi appelé… baleine tueuse. Là, pas besoin de vous faire un  dessin : c’est l’exécuteur du groupe. Elle finit les sales affaires,  évite que des témoins gênants viennent ensuite raconter ce qu’ils ont  vu, et s’occupent aussi de purges chez les populations de phoques et de  lions de mer, dont l’immigration massive est mal vue par les baleines.</p>
<p>Et puis que dire de la baleine blanche ? Avant même qu’Achab l’ouvre de  nouveau, notez comme ce blanc est suspect dans la mer. Doit-il évoquer  la pureté ? C’est trop flagrant… Non, la baleine blanche est le dealer  du groupe, elle fournit tout le monde en krill, et organise des trafics  avec les dauphins qui leur servent de revendeurs. Tout ça pour le  cerveau de la bande : la baleine grise.</p>
<p>Ce tableau est bien noir, mais vous pouvez penser naïvement que vous  êtes à l’abri de ces terribles bandes qui sillonnent les mers et y  sèment la pagaïe pour leur seul profit… Mais c’est sans compter sur les  plus vicieuses des baleines : les baleines de parasol. Je l’ai appris à  mes dépends, les baleines de parasol sont fourbes, vicieuses, et  agressives. Ouvrez un parasol sans faire attention, et vous pourriez  vous retrouver borgne comme ça a failli m’arriver. Et alors, sur le  chemin des urgences, vous verrez enfin clair (quoique d’un seul œil)  dans cette histoire de Moby Dick, vous comprendrez enfin la morale :  c’est que les baleines sont vraiment des salopes et qu’on devrait toutes  les crever.</p>
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		<title>Ecrire une lettre anonyme</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 08:06:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Donio</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médisances]]></category>
		<category><![CDATA[R42]]></category>

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		<description><![CDATA[Chère voisine, cher voisin,
je pense que vous allez rapidement vous demander qui peut bien vous  écrire. Je ne vous le dirai pas. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs imprimé ce texte pour  ne pas me trahir par mon écriture. Depuis un cyber-café de l&#8217;autre côté  de Paris, pour ne pas risquer que vous trouviez lequel. Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chère voisine, cher voisin,</p>
<p>je pense que vous allez rapidement vous demander qui peut bien vous  écrire. Je ne vous le dirai pas. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs imprimé ce texte pour  ne pas me trahir par mon écriture. Depuis un cyber-café de l&#8217;autre côté  de Paris, pour ne pas risquer que vous trouviez lequel. Il y a plusieurs  jours de cela, pour vraiment laisser le temps au gérant d&#8217;oublier qui  j&#8217;étais.</p>
<p>Pourquoi l&#8217;anonymat ? Parce que je constate que cette délicieuse  habitude d&#8217;envoyer des lettres anonymes à ses voisins s&#8217;est perdue en  même temps que celle d&#8217;écrire tout court, et que je pense qu&#8217;il faut  renouer avec les traditions populaires de notre civilisation. Car après  tout, étant donné la promiscuité dans laquelle nous devons vivre dans  ces grandes villes, il est dommage de ne pas avoir le sentiment de vivre  ensemble. Pourquoi se cloisonner ainsi, et mettre des barrières avec  ses voisins ?</p>
<p>En écrivant des lettres anonymes, on fait savoir à ses voisins qu&#8217;on les  surveille, qu&#8217;on a mis un pied dans leur intimité. On rentre un peu  dans la famille. Vous ne serez peut-être pas alerté par cette première  lettre mais, quand d&#8217;autres viendront, vous commencerez à surveiller  vous-mêmes un peu plus vos voisins pour savoir lequel tente ainsi de  s&#8217;immiscer dans votre vie. Bien sûr, c&#8217;est une relation de méfiance.  Mais ça vous fera faire attention à ce qui se passe autour de vous. Vous  saurez tout des horaires réguliers de baise du petit couple du 5e, des  commandes internet de la voisine du 2nd, des escapades nocturnes du  quadra du 1er et des scènes que lui fait sa femme&#8230; Vous aussi vous  connaitrez vos voisins, rendant possible une extension du phénomène.</p>
<p>Permettez moi ici de vous donner quelques conseils en matière de lettre  anonyme :</p>
<p>* Il est parfaitement inutile d&#8217;être désagréable dans une lettre  anonyme. Recevoir une lettre anonyme est en soi un événement dérangeant.  Au contraire, faites assaut d&#8217;amabilités, prouvez que vous êtes  quelqu&#8217;un de charmant (ou faites semblant si vous ne l&#8217;êtes pas) rendez  une copie qu&#8217;on aura envie de lire. Les gens qui recevront cette lettre  seront alors perdus et ne sauront pas quoi penser de son auteur.</p>
<p>* Il est en revanche parfaitement légitime de leur montrer que vous  savez ce qu&#8217;ils ont fait : n&#8217;hésitez surtout pas à rajouter des détails  sur ce que vous savez d&#8217;eux, mais sans trop extrapoler. Ça rendra  beaucoup plus crédible les informations éventuellement fausses que vous  pourrez donner sur vos autres voisins et vous permettra de lancer  quelques rumeurs. C&#8217;est enfin l&#8217;occasion de dire tout haut (mais sans  qu&#8217;on vous reconnaisse) tout le bien que vous pensez des gens qui vous  entourent et que vous n&#8217;auriez jamais osé avouer en public. Profitez-en  aussi pour dire aux gens tout le bien que vous pensez de vous, mais n&#8217;en  faite pas trop non plus : on pourrait vous reconnaître si vous pensez  plus de bien de vous que des autres.</p>
<p>* N&#8217;essayez surtout pas la méthode préconisée dans les séries policières  qui consiste à découper des lettres ou des mots dans le journal pour  écrire votre lettre anonyme : vous seriez très vite repéré. Du temps de  Navarro les gens lisaient encore le journal, mais maintenant que tout le  monde regarde le 20h, vous ne passerez pas inaperçu avec un journal  sous le bras. Vous devriez donc choisir entre découper les mots dans le  journal de 20h de TF1 (ce qui présente une certaine difficulté,  convenez-en avec moi,) les découper dans l&#8217;équipe (ce qui implique de  découper lettre à lettre à cause du manque de vocabulaire et oblige à  connaître les affaires de dopage sur le Tour de France,) ou dans le 20mn  qui n&#8217;est pas vraiment un journal et qu&#8217;on ne ramène pas à la maison.  Préférez l&#8217;imprimante, franchement.</p>
<p>* Pour appuyer le message que vous voulez faire passer, il y a une  méthode que tous les corbeaux connaissent et qui a prouvé maintes et  maintes fois son efficacité par le passé : ajoutez des photos à vos  courriez. Ça impressionne toujours des photos dans une lettre anonyme.  Ajoutez en plusieurs, de dates différentes, de différents moments de la  journée&#8230; Des photos de quand elle court, de quand elle boit, de quand  elle broute&#8230; Toutes les photos de la gazelle que vous avez parrainée  par le biais de vous-ne-savez-plus-quelle association : ça montre que  vous êtes là, mais ça reste assez « tout public » pour ne pas choquer  les plus jeunes lecteurs et les détourner du message de votre lettre.</p>
<p>* Ne signez pas votre lettre de votre nom, vous y perdriez en anonymat.</p>
<p>Chers voisins, j&#8217;espère que cette lettre vous aura aidé à mieux  comprendre ma démarche et vous permettra bientôt de participer vous  aussi à la propagation d&#8217;un mode de communication qu&#8217;on n&#8217;aurait pas dû  abandonner. Je ne vous annonce pas quand j&#8217;enverrai mon prochain  courrier, l&#8217;élément de surprise fait partie des petites joies de ces  lettres.</p>
<p>Je vous prie d&#8217;agréer l&#8217;expression de mes sentiments distingués et de ma  curiosité sans borne.</p>
<p>Un voisin anonyme.</p>
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		<title>idées en prêt à porter</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Jul 2010 08:06:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Donio</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
 Bonjour monsieur, je peux vous aider ?
 Oui, je cherche une idée. C’est pour une élection.
 Je vois, vous savez ce que vous cherchez ?
 Non, pas trop, c’est un peu ce qui manque en ce moment. Je n’ai  jamais eu d’idée ni d’idéal voyez-vous ? Du coup je ne sais pas trop [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<ul>
<li> Bonjour monsieur, je peux vous aider ?</li>
<li> Oui, je cherche une idée. C’est pour une élection.</li>
<li> Je vois, vous savez ce que vous cherchez ?</li>
<li> Non, pas trop, c’est un peu ce qui manque en ce moment. Je n’ai  jamais eu d’idée ni d’idéal voyez-vous ? Du coup je ne sais pas trop ce  qui m’irait. Je n’ai pas vraiment eu le temps de me faire une opinion  sur ce qui me plairait le plus.</li>
<li> Dans le prêt-à-porter, je peux vous proposer un costume  d’écologiste si vous voulez. Ça se porte très bien en ce moment, et ça  ne se démodera pas avant quelques années au moins. Vous pourrez le  réutiliser en d’autres occasions. C’est ample et généreux, et à un prix  très abordable. Bon, bien sûr ça gratte un peu, mais ça a l’avantage de  n’être pas salissant. Un choix recommandé pour les budgets moyens.</li>
<li> Je ne sais pas trop, je n’aime pas trop ces mouvements de mode.  Vous n’avez rien de plus classique ?</li>
<li> Si monsieur veut du classique, je ne peux que lui recommander les  idées gaullistes. Indémodables depuis une cinquantaine d’années, ce sont  des idées que vous pourrez garder toute votre vie si vous en prenez  soin et que vous les entretenez régulièrement. En plus ce sont des idées  qu’on pourra facilement ajuster à votre personnalité avec quelques  retouches. On peut aussi les accessoiriser : en ce moment le gaullisme  se porte libéral et bling-bling, mais on l’a déjà porté à la mode  sociale ou militaire. C’est vraiment très polyvalent comme vêtement.<br />
Dans la même gamme, nous avons les idées socialistes. Notez que ce sont  presque les mêmes, mais qu’elles se portent plus facilement avec un air  indigné. Elles sont malgré tout recommandées pour les soirées de charité  qui ne sont pas reliées à un organisme catholique : elles donnent un  petit cachet bobo souvent très apprécié.</li>
<li> J’hésite… Je pense que je vais vous prendre une gaulliste, j’aime  bien le côté austère, et ça se porte mieux que le socialisme en ce  moment il me semble. Mais j’aurais sans doute aussi besoin de quelque  chose de plus fantaisiste. J’ai peur que ces idées deviennent un peu  ternes à les porter tout le temps.</li>
<li> Fantaisiste ou coloré ? Je ne sais pas si vous trouverez ça  facilement, pas dans un établissement comme le notre en tous cas : la  plupart des grandes enseignes d’idées prêt à porter se concentre sur les  grandes idées : gaullisme, socialisme, écologisme, quelques articles  communistes ou nationalistes dans le rayon curiosité, mais rien de plus.  A votre place, j’irais jeter un œil dans les magasins d’idées  dégriffées ou dans les puces aux idées. Ils revendent les idées en fin  de série ou abîmées dans les premiers, on y trouve son bonheur pour pas  cher, ce sont de bonnes idées pour porter une soirée puis jeter ensuite.  Ça permet aussi d’essayer une idée, de la porter quelques temps pour  voir comment on se sent dedans, et de la jeter si elle ne nous convient  pas. Si elle nous plait, on peut toujours passer chez un couturier  d’idées vous en faire tailler une sur mesure d’après le modèle qui vous  plait.<br />
Aux puces ils vendent des idées d’occasion. On peut y trouver des  merveilles : j’ai trouvé un idéal pétainiste merveilleusement conservé  l’autre jour, il était à peine défraichi. Je l’ai acheté, j’aime parfois  me déguiser avec des idéaux qui ne me ressemblent pas pour des soirées  ou des occasions spéciales. C’est aussi là que se fournissent les  anarchistes, ils aiment bien récupérer des bouts d’idées un peu usés et  les raccorder avec du fil blanc. Ca donne des idéaux un peu rapiécés,  mais ce patchwork d’idées est sans aucun doute ce qu’on peut trouver de  plus original et de plus coloré dans le genre. Et puis le DIY revient  cycliquement à la mode. Ca ne se porte pas durablement, mais ça plait  quand c’est ressorti épisodiquement.<br />
Méfiez-vous quand même : c’est aussi dans ce genre d’endroit qu’on  tentera de vous vendre des uniformes fascistes : ces idées présentent  bien avec leurs galons, leurs formes droites facilement identifiables et  les plis bien arrangés, mais elles sont extrêmement raides à porter. Si  vous tenez absolument à en essayer, commencer par les porter en idées  sous-jacentes, cachées sous vos idées principales. Si le port vous  convient et que vous assumez le côté un peu agressif de ces idées, vous  pourrez les porter comme d’autres. Après tout, de grands couturiers ont  coupé de magnifiques costumes à ces idées, regardez la ligne Hugo Boss  1942.<br />
Ceci dit, dans votre cas et puisque vous m’êtes sympathique, je vais  vous donner un secret : le mieux c’est de ne pas avoir d’idées, ça  permet de ne pas se soucier de celles des autres.</li>
<li> Mais alors que faire? Devenir une sorte d&#8217;agnostisque politique?</li>
<li> Monsieur au moins en agnostique vous n&#8217;aurez pas l&#8217;air d&#8217;un loup,  et n&#8217;aurez sur vos épaules ni le poids de vos idées, ni de veste à  retourner. Heureux les simples d&#8217;idées, le royaume des urnes leur  appartient, et celui des tribunaux revolutionnaires leur est fermé.</li>
<li> Bon, où dois-je signer ?</li>
<li> Vous n&#8217;avez même pas à signer monsieur, c&#8217;est ca le plus beau,  juste à oublier d&#8217;écrire&#8230;
<p><em>Merci à LYeN</em><em> qui n&#8217;a pas  signé sa contribution mais qui m&#8217;a aidé pour cet article.</em></li>
</ul>
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		<title>CIO bingo !</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Jul 2010 08:06:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Donio</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médisances]]></category>
		<category><![CDATA[R42]]></category>

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		<description><![CDATA[Parfois on a des résurgences du passé, des souvenirs bruts qui  ressortent, comme ça : ça fait paf, ou pops, ou bam, selon les BD ou les  pubs dont on a été abreuvé à l&#8217;époque, et on se demande pourquoi on se  souvient d&#8217;un truc aussi inutile. Le traumatisme sans doute. En [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Parfois on a des résurgences du passé, des souvenirs bruts qui  ressortent, comme ça : ça fait paf, ou pops, ou bam, selon les BD ou les  pubs dont on a été abreuvé à l&#8217;époque, et on se demande pourquoi on se  souvient d&#8217;un truc aussi inutile. Le traumatisme sans doute. En y  réfléchissant bien c&#8217;est un souvenir utile en fait : je voudrais  épargner ça aux générations futures. Et c&#8217;est pourquoi, lecteur, je vais  mettre à nu une partie de ma mémoire. Une partie honteuse, mais pas  pour moi.</p>
<p>Un jour, en 4e, on m&#8217;a convaincu qu&#8217;il était nécessaire que je sache  déjà chez qui je devrais postuler pour mon premier emploi. J&#8217;ai objecté  que je venais tout juste d&#8217;apprendre le théorème de Pythagore, et que  celui de Thalès me restait encore fermé. J&#8217;allais encore objecter que je  ne connaissais pas non plus celui des gendarmes, mais je me suis  souvenu à temps que j&#8217;ignorais jusqu&#8217;à son existence et que je ne  pouvais donc pas en parler. On m&#8217;a donc rétorqué que si je savais si  bien mon cours de mathématique, je devais être capable de dire qui  allait vouloir m&#8217;embaucher. J&#8217;ai donc accepté le rendez-vous chez une  conseillère d&#8217;orientation.</p>
<p>Le rendez-vous était fixé pour 10h30, un samedi matin, dans un CIO perdu  derrière un centre commercial un peu miteux. Bon&#8230; Comme je suis un  garçon poli, et que c&#8217;est ma mère qui m&#8217;a enseigné la politesse, nous  arrivons tout deux à 10h25. Nous sonnons, entrons, et nous asseyons dans  la salle de pause. Un coup d&#8217;œil nous rassure : il n&#8217;y a personne  devant nous, et les dames du CIO prennent juste un café ; nous ne  commencerons donc pas en retard. Vous connaissez les administrations,  vous savez donc déjà à quel point mes conclusions de collégien étaient  naïves : à 10h55, n&#8217;y tenant plus, ma mère doit aller chercher par la  peau du cou notre conseillère qui estimait que nous étions encore en  avance. La notion de temps est très relative pendant les pauses cafés ;  encore une application de la bistromathique.</p>
<p>Notre conseillère, sur la défensive après cette attaque qui violait une  des plus élémentaires des règles de politesse du milieu : le pacte de  non agression dans un rayon de 4,2m autour de la machine à café, décida  d&#8217;employer la technique de protection préférée du fonctionnaire en  danger : elle nous noya sous les fiches explicatives. Celles-ci  portaient en l&#8217;occurrence sur les différents choix qui s&#8217;offraient à moi  pour continuer mes études. Puis on passa à l&#8217;entretien sur mon avenir.</p>
<p>Il faut faire ici une pause pour parler des méthodes divinatoires  employées par les conseillères d&#8217;orientation qui reçoivent des  collégiens. Certains prétendent qu&#8217;elles lisent dans les lignes des  bulletins scolaires qu&#8217;on leur amène comme les bohémiennes dans les  lignes de la main. Certains, plus proches de la réalité, pensent  qu&#8217;elles lisent dans les marques (1) du café qu&#8217;elles renversent sur ces  même bulletins. Mais je pense pouvoir affirmer sans crainte qu&#8217;elles  lisent l&#8217;avenir dans les fiches qu&#8217;elles nous distribuent : j&#8217;ai vu la  mienne faire un tirage en croix avec ses fiches, et doubler celles qui  semblaient lui laisser des doutes. Ou peut-être ont-elles chacune leur  méthode divinatoire préférée.</p>
<p>En tous cas une chose est sûre : la mienne n&#8217;avait pas les bons contacts  là haut : elle m&#8217;a conseillé un BEP et toutes les filières  professionnelles auxquelles elle a pu penser. Qu&#8217;on ne se méprenne pas :  j&#8217;ai beaucoup de respect pour les gens qui font ces filières et qui  gagneront sans doute beaucoup plus d&#8217;argent que je n&#8217;en aurais jamais  (2), mais je doute que ce soit le choix le plus pertinent à proposer à  quelqu&#8217;un qui a déjà manifesté la volonté d&#8217;apprendre le grec ancien. Je  ne dis pas non plus qu&#8217;apprendre le grec ancien m&#8217;ait beaucoup aidé  dans la vie, mais sans doute plus que de m&#8217;entendre proposer une  formation de tourneur-fraiseur quand mes passions étaient plutôt la  lecture des Misérables et la résolution d&#8217;équations du premier degré  (3).</p>
<p>La moralité de cette histoire, c&#8217;est que tant qu&#8217;à nous mettre des  voyantes dans les CIO, le gouvernement ferait aussi bien d&#8217;en embaucher  des bonnes. Au moins, une fois le tirage « Travail » fait, elles  pourront aussi nous sortir l&#8217;horoscope « Amour » et « Santé ».</p>
<p>(1)Elles n&#8217;ont jamais compris cette histoire de marc de café<br />
(2)C&#8217;est fou ce que l&#8217;argent achète le respect<br />
(3)Je suis passé au second degré depuis, quand j&#8217;ai découvert que même  les mathématiques le permettaient</p>
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		<title>Julius Corentin Acquefacques</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Jul 2010 08:06:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Donio</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Livres et Bd]]></category>
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		<description><![CDATA[La première chose qu’on peut noter quand on lit le nom de Julius  Corentin Acquefacques, c’est qu’il a un nom bien compliqué. On notera  aussi qu’Acquefacques, prononcé à l’envers, ça donne Kafka. Il doit bien  y avoir une raison à ça. L’auteur ne l’a pas communiquée.
Julius Corentin Acquefacques est donc un héros [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La première chose qu’on peut noter quand on lit le nom de Julius  Corentin Acquefacques, c’est qu’il a un nom bien compliqué. On notera  aussi qu’Acquefacques, prononcé à l’envers, ça donne Kafka. Il doit bien  y avoir une raison à ça. L’auteur ne l’a pas communiquée.</p>
<p>Julius Corentin Acquefacques est donc un héros de bande-dessinée. Il  n’en a pas toujours conscience, mais son auteur l’oblige parfois à faire  face à cette terrible vérité. Il s’ensuit forcément des questionnements  sur son identité, ses buts, et sur comment échapper à ce sadique  d’auteur.</p>
<p>JCA (on va raccourcir un peu son nom si vous le voulez bien) est un  personnage en noir et blanc. Comme toute la série, sauf dans quelques  rares passages en couleur ou en photo. Cette absence de couleurs  souligne assez bien l’austérité du personnage, qui est bien trop sérieux  pour rire. L’austérité du monde dans lequel il vit aussi, malgré les  efforts du Ministère de l’Humour pour rendre les gens joyeux. JCA y  travaille, justement, au Ministère de l’Humour. Comme il le dit, ce  travail requiert un sérieux exemplaire. Mais malgré tout le sérieux du  Ministère des Blagues et des autres ministères, les valeurs chutent à la  Bourse : le Moral est en baisse de 12 points, la Solidarité plonge de  16 points, l’amitié recule de 0,6 points et les autres valeurs morales  suivent le même chemin…</p>
<p>Il faut dire que les conditions de vie sont bien difficiles : l’espace  est limité : JCA qui dispose de beaucoup d’espace doit régulièrement  sous-louer son 1 pièce : louer son lit à un collègue travaillant la nuit  pour se relayer dedans, louer son placard à un autre collègue… Mais au  moins son appartement est-il plus confortable que les consignes de la  gare ou ces appartements traversés par les voies de taxis. A ce propos,  la circulation aussi est devenu un enfer : on ne peut plus marcher  tranquille. Pour échapper aux embouteillages piétons de plus en plus  fréquents, des solutions sont mises en place, mais ne sont pas toujours  satisfaisantes : les lignes sont mal desservies, les voies uniques sont  empruntées à double sens et, qu’il s’agisse de bennes ou de vélos, les  façons de les faire s’arrêter n’ont pas été vraiment étudiées. Rajoutons  qu’en plus du rationnement de l&#8217;espace, le temps aussi est chronométré  au centième de seconde et celui consacré à chaque action est quantifié  par la loi. Vous comprendrez alors que vivre dans un tel monde est  oppressant.</p>
<p>Pour compenser le manque d’espace, il reste un lieu de liberté : les  rêves. Un lieu de liberté que le gouvernement compte bien taxer aussi,  pour éviter que les gens n’en abusent. Et JCA est justement un vieux  briscard du rêve. Malheureusement, rêver n’est pas sans conséquence dans  son monde, surtout quand on nait de la plume d’un auteur aussi sadique que Marc-Antoine Mathieu. Ses rêves sont donc le prétexte à toutes les  folies, et le sérieux de ces folies prouve bien à quel point elles sont  vraies. D’ailleurs un savant lui explique très sérieusement comment ses  rêves peuvent influencer la réalité : rêve² = réalité, rêver qu’on rêve  nous ramène dans une réalité parallèle, et permet donc de changer le  monde. Terrible constat quand on voit ce que peut rêver JCA.</p>
<p>L’auteur prend un plaisir énorme à jouer avec les codes de la bande  dessinée pendant que son personnage se débat dans des contradictions  spatio-temporelles : cases manquantes (1) expliquant les déjà-vus des  personnages, pages découpées et collées pour faire une spirale, pages  imbriquées dans une autre page (2), personnage qui surgit d&#8217;en dehors de  la case pour tomber dedans, notre héros finit même par faire un bout  d’aventure dans un espace en trois dimensions. Heureusement, les  lunettes 3D sont gracieusement fournies par un des personnages  rencontrés au cours de l’histoire.</p>
<p>Il est difficile d’en dire plus sans gâcher le plaisir de la découverte.  J’ai le sentiment que je n’arriverai jamais à rendre l’ambiance de ce  monde noir, terriblement absurde, et complètement déjanté, ni  l’inventivité de l’auteur ou sa capacité à enchaîner les jeux de mots  quand il le désire… Bref, c’est un monument de la BD, et un très bon  moment d’absurde noir à ne manquer sous aucun prétexte.</p>
<p>(1) physiquement manquantes, comprenez une case évidée, un trou, rien,  de l’air qui ne cache pas la case de derrière<br />
(2) la seule BD de 43 pages qui tient en 42 pages<br />
(3) quelques liens pour les curieux : <a href="http://img201.imageshack.us/img201/9492/jcaep3.jpg" target="_blank">1</a>, <a href="http://www.arthurmag.com/magpie/wp-content/uploads/2009/02/julius4.jpg" target="_blank">2</a>,  <a href="http://www.bubenhofer.com/publikationen/1999krekon/konstruktivismus_media/wirbel.jpg" target="_blank">3</a>,  <a href="http://3.bp.blogspot.com/__WzlJVfkF0s/Rodar0zCd_I/AAAAAAAAAFM/EylWFXTZ8ug/s400/Blog-BD-Acquefacques.jpg" target="_blank">4</a> et <a href="http://www.coinbd.com/images/planches/juliuscorentin_t3.jpg" target="_blank">5</a></p>
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